Élections 2014 en Suède, 1er duel de l’année

Élections 2014 en Suède, 1er duel de l’année

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Lundi 17 mars. En 2014, la Suède votera pour les élections générales qui détermineront la composition non seulement du Parlement suédois (Riksdagen) – et donc le nom du prochain ministre – mais aussi celle des assemblées délibérantes des comtés (länstingsfullmäktige) et des municipalités (kommunfullmägtige).

En vue de ces élections prévues en septembre 2014, le 1er débat télévisé de l’année a eu lieu hier soir, sur la chaîne public SVT, entre le premier ministre sortant, Frederik Reinfeldt, et le chef du parti social-démocrate depuis 2012, Stefan Löfven.

Avec 20 des 25 minutes du temps du débat, la question qui a prédominé le duel est celle concernant le système éducatif suédois avec bien sûr le chômage et l’accès au marché du travail en sujet de fond.

Stefan Löfven a évoqué « le nauvrage » (kapsejsad) du système éducatif, le manque de moyens alloués par le gouvernement à l’éducation, les ambitions revues à la baisse pour les écoles et les universités. Le chef du parti social démocrate a également fermement condamné les objectifs mercantilistes des écoles privées qui connaissent un développement important en Suède grâce à une politique accommodante.

A 11,5 points dans le dernier sondage derrière la coalition menée par son adversaire, le premier ministre a défendu la politique éducative et le bilan du gouvernement avec des investissements dans les formations de professeurs et de médecins (dont la Suède manque cruellement) et un nombre de jeunes chômeurs en baisse par rapport aux années 90 (quand les sociaux-démocrates étaient au pouvoir). Il a également critiqué les projets de son adversaire portant sur l’augmentation des impôts et les « trous » du budget présenté dans le programme du parti social-démocrate.

Le débat entre le chef du gouvernement de droite (coalition de plusieurs partis, l’Alliance) et le chef de l’opposition de gauche a en fait tourné autour de la question qui agite depuis toujours et partout les partis politiques et les électeurs : plus d’impôts et plus d’investissements publics ou moins d’impôts et moins d’investissements publics ?

Car la Suède n’est pas dotée des mêmes ressources que son voisin norvégien qui, avec la manne pétrolière, dispose d’un trésor de guerre lui évitant de devoir trancher. Les ressources publiques sont limitées et obligent les gouvernements en place à trouver un difficile équilibre entre revenus et dépenses. Pour soutenir l’économie, les partis de gauche optent pour des dépenses publiques soutenant l’économie et les partis de droite pour des baisses d’impôts permettant une hausse des investissements privés.

Pourtant, les programmes des partis au pouvoir et de l’opposition ne présentent pas de différences fondamentales. Tous s’accordent sur la nécessité d’équilibrer les finances publiques. Avec l’accord des partenaires sociaux, tous ont mis en oeuvre, depuis la crise des années 90 qui a violemment secoué la Suède, les réformes nécessaire au pays pour augmenter sa productivité et sa compétitivité et rendre son marché du travail plus souple tout en offrant une certaine sécurité sociale.

En France, comme en Suède, les partis de droite et de gauche, une fois au pouvoir et les débats électoraux terminés, mettent en place les mêmes politiques économiques. Tous subissent les mêmes contraintes dans une économie mondiale ouverte construite sur les échanges des biens et des services. 

Une nuance – de taille – existe pourtant entre la France et la Suède : les débats entre les partis politiques portent toujours sur le fond et la bataille se joue autour des idées et des résultats obtenus. Aucune « affaire » ni aucun scandale n’entache le débat politique ce qui donne une bouffée d’air ceux qui désespèrent des hommes politiques. Cela n’empêche pourtant pas en Suède la montée des partis extrêmes dont, en France, on attribue la cause aux scandales et aux « tous pourris », une raison qui permet aussi de ne pas régler les problèmes de fond. A savoir l’absolue nécessité de réformer les lourdeurs administratives françaises, ce poids qui tire vers le bas la France avec son extraordinaire potentiel.

Dates et chiffres clés du Parlement suédois
- dernières élections, septembre 2010
- prochaines élections, septembre 2014
- système parlementaire monocaméral depuis 1971
- 349 députés élus à la proportionnelle
- 192 députés hommes (55%)
- 157 députées femmes (45%)
- 8 partis représentés (2010-2014)


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