La Russie et la mort au bord du lac Mälar

La Russie et la mort au bord du lac Mälar

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Le tableau "LÎle aux morts d'Arnold Böcklin projeté à la Salle de Concert de Västerås, 22 mars
Le tableau « LÎle aux morts d’Arnold Böcklin projeté à la Salle de Concert de Västerås, 22 mars

Dimanche 23 mars 2014. Quel sentiment étrange hier à Västerås, alors que le retour du printemps et de la vie se faisait tout juste sentir, de se prendre en pleine figure la dure réalité de la condition humaine.

Hier samedi, la mort était en effet au programme de la Salle de Concert (Konserthuset) à Västerås, au bord du lac Mälar, avec deux oeuvres russes magnifiques, L’Île aux morts de S. Rachmaninov et la Symphonie pathétique de P.I. Tchaïkovski, interprétées par l’Orchestre symphonique de Norrköping.

La première oeuvre, inspirée par le tableau éponyme du peintre suisse Arnold Böcklin, est un poème symphonique parcourant musicalement les derniers instants de la vie : la lente approche de l’île aux morts sur le clapotis de l’eau à travers une brume flouant les contours du réel, puis la passion des derniers instants de vie qui s’éteint enfin avec la mort libératrice.

La tragédie de la mort a ensuite éclaté avec le chef d’oeuvre de P. Tchaïkovski, la Symphonie n°6 dite Symphonie pathétique. Le sublime contraste entre la profonde tristesse du 4ème et dernier mouvement et l’extrême gaieté du 3ème mouvement ne peut que tirer les larmes des yeux tant la réalité du destin – la mort – s’impose malgré tout.

Le concerto n°4  de Rachmaninov a été également joué, avec le pianiste canadien d’origine française Alain Lefèvre. L’oeuvre, une des plus difficiles du répertoire de Rachmaninov, a été exécutée proprement et avec une technique bien contrôlée par le pianiste. Cependant, le jeu manquait de passion et l’absence de nuances et de couleurs pouvait rendre l’écoute ennuyeuse. Sacrilège pour un concerto où s’expriment toute la folie et la passion de Rachmaninov !

L’orchestre symphonique de Norrköping était dirigé par Joakim Unander, remplaçant au pied levé le chef d’orchestre initialement prévu, Michael Francis, malheureusement malade cette semaine-là. Avec le dernier mouvement de la Symphonie Pathétique, Joakim Unander et l’orchestre ont finalement su faire vibrer la mort dans le coeur du public.

 

 

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