Laponie : « cet endroit où le monde nous a manqué »…

Laponie : « cet endroit où le monde nous a manqué »…

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laponie2Des forêts à perte de vue, des lacs et des cours d’eau à ne plus pouvoir les compter, des températures passant de – 40°C l’hiver à + 30° C l’été, une terre sableuse et pauvre dont il est difficile de tirer une récolte, des moustiques en si grand nombre qu’ils recouvrent de leur bruit le silence de la nature, non, on ne pas vraiment parler de la Laponie comme d’une région accueillante.

En 1681, le dramaturge Jean-François Regnard, premier voyageur français à être allé dans cette partie du monde, frappé par l’hostilité des lieux, a même gravé dans une roche de Laponie quelques vers évoquant un sentiment de désolation partagé avec ses deux compagnons de voyage :  » La France nous a donné la naissance ; nous avons vu l’Afrique et le Gange, parcouru toute l’Europe ; nous avons eu différentes aventures tant par mer que par terre ; et nous nous sommes arrêtés en cet endroit, où le monde nous a manqué ».

C’est pour des raisons scientifiques que d’autres Français ont ensuite exploré la région. Maupertois en 1737 pour des prises de mesures permettant de déterminer la forme précise de la Terre, ou encore l’ethnologue Paul-Emile Victor qui mena en 1939 une étude sur la population locale, les Samis.

Les Samis, autrefois appelés Lapons – terme condescendant, provenant du mot suédois lappar, bouts de tissu qui assemblés constituent leurs habits – sont le peuple aborigène de la région la plus septentrionale du pays (mais aussi de la Norvège, la Finlande et de la Russie).

Éleveurs de rennes, ils en sont les maîtres jusqu’à ce que Suédois descendants des Vikings, commencent au XIIIème siècle à coloniser la Laponie, et que des pionniers partent à la conquête des nouveaux espaces du Grand Nord à partir du XVIème siècle.

Aujourd’hui, les Samis ne représentent qu’un très faible pourcentage de la population du Norrland (partie nord de la Suède), une région encore sous-peuplée (12% de la population suédoise pour près de 50% du territoire), où la majeure partie des habitants (63%)- en constante diminution depuis 1995 – vit sur la bande côtière laissant ainsi de vastes espaces inhabités à l’intérieur des terres.

Ce sont ces espaces désolés qui donnent à la région une ambiance très particulière souvent utilisée comme arrière plan dans la littérature suédoise. Avec pour le côté sombre du tableau, la solitude, l’hostilité de la nature, la pauvreté, la rudesse des hommes, et à l’inverse, l’extraordinaire splendeur de la lumière, la beauté des paysages sauvages et l’indispensable sens de la solidarité de ses habitants.

 

 

 

 

 

 

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