Économie : « non, la Suède n’est pas le Japon »,
répond Anders Borg au prix Nobel d’économie

Économie : « non, la Suède n’est pas le Japon »,
répond Anders Borg au prix Nobel d’économie

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Actualité économie La situation économique suédoise (déflation) n'a rien à voir avec celle du Japon. Anders Borg répond à Paul Krugman
La situation économique suédoise (déflation) n’a rien à voir avec celle du Japon. Anders Borg répond à Paul Krugman

Jeudi 24 avril 2014. La comparaison faite par l’économiste américain Paul Krugman, prix Nobel d’économie 2008, dans un article paru dans le New York Times, entre la situation économique japonaise et suédoise passe mal en Suède. Le ministre des Finances suédois, Anders Borg, lui a répondu hier en disant que son pays « se différenciait fondamentalement du Japon ».

Paul Krugman écrivait en effet dans l’article du New York Times que l »la Suède devenait le Japon », depuis 2010 quand la Banque centrale suédoise (Riksbanken) décidait de relever les taux d’intérêt alors que le pays sortait à peine de la crise et provoquait stagnation et déflation, comme au Japon, dans un contexte de rigueur budgétaire.

Mais Anders Borg fait valoir que la situation en Suède n’a rien à voir avec celle du Japon. D’abord parce que la croissance du pays y est la plus élevée d’Europe, ensuite parce que les salaires et la productivité y ont progressé vigoureusement et plus que dans les autres pays européens et qu’enfin parce que les canaux de financement suédois fonctionnent très bien et peut-être même « trop bien ».

Pourtant, le ministre des Finances suédois rappellent qu’il est nécessaire de protéger le pays contre les crises à venir, dans un « environnement plus stable que l’année dernière mais néanmoins complexe », avec des pays émergents en difficulté économique, des risques géopolitiques élevés et des conséquences financières possibles si des sanctions sont appliquées à la Russie.

D’où la nécessité, selon le ministre suédois, de maintenir l’objectif d’un excédent public pour protéger l’économie suédoise ouverte et très dépendante de l’environnement international, si le climat économique mondial venait à se dégrader, de poursuivre les investissements dans dans le secteur de la construction des logements (le pays souffre d’un déficit de logements) et dans l’éducation.

On est ainsi loin de la situation française avec les coupes budgétaires à venir, alors que le gouvernement français vient d’annoncer un plan de rigueur de 50 milliards d’euros pour permettre au pays de respecter ses engagements en matière de déficit public en ramenant celui à moins de 3% du PIB ( -3% en 2015, – 2,2% en 2016). Ce plan de rigueur doit encore être voté à l’Assemblée nationale le 29 avril.

 

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