Elections européennes :
défaite des partis au pouvoir en France et en Suède

Elections européennes :
défaite des partis au pouvoir en France et en Suède

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Actualités politiques Elections européennes 2014 Rejet des pouvoirs en France et en Suède. 1/4 des députés européens français sont du Front national
Elections européennes 2014 Rejet des pouvoirs en France et en Suède. 1/4 des députés européens français sont du Front national

Lundi 26 mai 2014. Les partis au pouvoir en France et en Suède ont subi une lourde défaite aux élections européennes. Le parti socialiste français – dont est issu le président François Hollande et ses ministres – arrive seulement en 3ème position avec près de 14% des voix, loin derrière le Front national qui a obtenu un quart (24,95%) des suffrages. Un record absolu pour ce parti populiste français qui place désormais la France en haut du podium du vote extrémiste.

En Suède, le parti des Modérés (Moderaterna) du Premier ministre Frederik Reindfeldt a également perdu les élections européennes en obtenant moins de voies (13,6%) que le parti des Verts (15,3%), une première dans l’histoire électorale du pays. Les Modérés ne sont ainsi plus que la 3ème force politique de Suède.

Si on peut éventuellement comprendre la défaite du parti socialiste au pouvoir en France (crise économique, chômage, affaires politiques, austérité budgétaire, impopularité de François Hollande, immigration), la cinglante défaite en Suède des Modérés qui dirigent le pays depuis cinq années, est plus difficile à expliquer. La Suède a pourtant bien surmonté la crise mondiale de 2009, le pays est souvent cité en exemple pour la gestion des finances publiques et l’efficacité de son filet social et de son système économique.

Étonnant aussi la percée en Suède du parti féministe « Feministiskt Initiativ, FI », un parti communautaire défendant les intérêts des femmes et qui aura désormais une représentante au Parlement européen. Quel sens cela a-t-il dans un pays où le principe d’égalité hommes-femmes est déjà une des valeurs fondamentales du pays ?

Bien que relativement à l’abri de la crise, les Suédois ont comme les Français rejeté le pouvoir en place. Peut-être moins violemment qu’en France, mais en votant pour des partis contestataires très différents les uns des autres (Féministes, parti populiste Démocrates de Suède) et le parti des Verts qui n’a jamais obtenu autant de suffrages. Le rejet du pouvoir en place, en dépit d’une situation économique nationale plutôt bonne, est le signe d’une société insatisfaite de son sort. L’éducation, la formation universitaire, un taux de chômage jugé trop élevé (environ 8%), la pénurie de logement sont autant de sujets d’insatisfaction des Suédois.

En France et en Suède, les électeurs ont voté en fonction de problèmes nationaux. Les Suédois n’ont pas voté contre l’Europe. Mais on peut imaginer que si tant d’électeurs en France – un quart des votants, 12% des électeurs – ont donné leur voix au Front national, c’est qu’il y avait derrière ce vote français une condamnation non seulement du pouvoir en place responsable de la crise mais aussi du projet européen et de la libre circulation dans l’Union.

C’était un vote populiste sans grand risque, parce qu’il ne s’agissait que d’élire des députés européens, loin de Paris. Mais assez puissant pour exiger des changements dans la conduite des affaires intérieures et européennes de la France, sans toutefois souhaiter voir le Front national à l’Elysée ou à Matignon.

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