Union européenne :
la Suède critique la taxe sur les transactions financières

Union européenne :
la Suède critique la taxe sur les transactions financières

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Actualités économie politique Anders B org, ministre suédois des Finances, a critiqué la taxe sur les transactions financières adoptées le 6 mai à Bruxelles
Anders Borg, ministre suédois des Finances, ici en discussion avec son homologue grec Yannis Stournarasa, critique la taxe sur les transactions financières adoptées le 6 mai à Bruxelles

Mercredi 7 mai 2014. Lors de la réunion des 28 ministres des Finances européens tenue hier à Bruxelles, la Suède a été très critique vis à vis de la taxe sur les transactions financières (TFF) adoptée par Conseil pour les affaires économiques et financières et qui sera appliquée à compter de 2016 par 11 Etats de l’Union européenne, dont la France et l’Allemagne.

Les critiques de la Suède ont porté sur l’absence au préalable de concertation et d’études techniques sur l’impact de cette les 17 pays non participants.

Le ministre des Finances suédois, Anders Borg, a en revanche insisté sur le fait que ce n’est pas la taxation des banques qui pose problème mais le manque de transparence du projet.

Alors qu’elle avait activement soutenu en vain un tel projet au milieu des années 80, la Suède ne fera pas partie des Etats européens qui appliqueront la TFF et le gouvernement suédois s’inquiète d’une éventuelle discrimination vis à vis des Etats européens non participants où les ménages et les entreprises risqueraient de souffrir d’une hausse des taux d’intérêts.

La France, par la la voix de son ministre des Finances Michel Sapin, se déclare satisfaite de l’adoption de la TTF qui représente une « étape décisive » dans la mise en oeuvre de la taxe.

Pour l’heure, le projet qui contrairement à la proposition initiale ne concerne que les actions et exclue les produits dérivés pourtant spéculatifs – reste vague sur les modalités d’application comme l’assiette, les taux et les lieux d’origine des actifs taxés, mais suffisamment précis pour mécontenter presque tout le monde.

Ainsi la taxe est-elle dénoncée aussi bien par les banques, naturellement, que par les ONG qui regrettent que la taxe ne s’applique qu’aux actions, et aussi par plusieurs Etats comme le Royaume Uni ou le Luxembourg qui s’inquiètent pour leurs places financières ou leurs banques.

Adopté à quelques semaines des élections européenne, le projet à demi abouti de la TFF risque de décevoir aussi bien les électeurs européens en faveur de la taxe que ceux qui y sont opposés.

 

Projet de la taxe sur les transactions financières (TFF)
- 11 Etats participants : Allemagne, Autriche, ,Belgique, Estonie, France, Grèce, Italie, Portugal, Slovaquie, Slovénie, Espagne
- soit environ 90 % du PIB de la zone euro
- mise en oeuvre à partir de 2016
- appliquée sur les ventes d'actions dans les 11 Etats participants
- taux de 0,1%
- 3 milliards de recette annuelle selon la Commission européenne
- exclut les produits dérivés qui représentent 90% des flux financiers

 

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