Elections européennes : J + 8, et maintenant ?

Elections européennes : J + 8, et maintenant ?

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Actualités politiques Union européenne Parlement et Commission européenne Les dates clés des prochaines échances
Parlement et Commission européenne Les dates clés des prochaines échéances

Lundi 2 juin 2014. Voilà tout juste une semaine, les résultats définitifs des élections européennes étaient publiés par les différents Etats membres de l’Union européenne. Des résultats qui montraient une percée du  vote anti-Europe notamment en France et au Royaume-Uni avec le succès du Front national français et du parti britannique UKIP (United Kingdon Independance Party), deux partis populistes arrivés en tête des suffrages, une première dans l’histoire politique des deux pays.

Globalement, l’abstention a été forte avec un taux de 56,89%. En Suède pourtant, la participation au scrutin européen n’a jamais été aussi importante – 51,07% des Suédois inscrits ont voté, un record – et en France, elle a été légèrement supérieure à celle de 2009 (43,5% contre 40,63%).

Les partis traditionnels (droite, centre, gauche, écologistes) sont arrivés largement en tête, mais 129 députés eurosceptiques siégeront désormais au Parlement européen.

Conformément au Traité de Lisbonne, les chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union européenne vont proposer au Parlement européen nouvellement élu un candidat à la présidence de la Commission en tenant compte des résultats des élections. Sans être toutefois être obligés de proposer le représentant du parti arrivé en tête des suffrages, le Parti populaire européen (droite) dont la liste a été menée par le pro-européen Jean-Claude Junker.

Trop pro-européen au goût de certains Etats, comme le Royaume-Uni mais aussi la Suède qui considère que l’Union européenne doit avant tout être un marché unique, ouvert sur le monde et aux pouvoirs politiques supranationaux limités.

Une vision que ne partage pas la France qui, malgré des discours électoralistes dénonçant régulièrement les institutions européennes, souhaiterait plus d’intégration dans l’Union européenne de façon à en faire une puissance capable de s’imposer face aux Etats-Unis ou à la Chine.

Que va-t-il se passer ces prochains jours ?

Au cours du mois de juin, les députés européens vont se rassembler en différents groupes politiques. Ceux-ci doivent être composés d’au moins 25 députés provenant d’au moins sept Etats membres. Ainsi, le Front national français tente de trouver des partenaires européens pour former un groupe, ce qui lui permettrait de peser davantage dans le débat politique européen.

Les 26 et 27 juin 2014, les 28 chefs d’Etat et de gouvernement se réuniront au sein du Conseil européen pour proposer au Parlement européen un candidat à la présidence de la Commission. Les 751 députés du Parlement, dont la première session de tiendra le 1er juillet pour élire le président de l’assemblée, se prononceront le 14 juillet (jour de la fête nationale française !) sur le candidat du Conseil européen. Si celui-ci est approuvé, le Conseil européen nommera le 18 juillet les commissaires européens (un commissaire par Etat membre)  en accord avec le nouveau président de la Commission. S’il est rejeté, le Conseil européen dispose d’un mois pour proposer un autre candidat.

En septembre 2014, les 27 commissaires seront auditionnés par le Parlement qui votera en octobre 2014 sur l’ensemble du collège de la nouvelle Commission qui sera alors nommée par le Conseil de l’Union européenne. La nouvelle Commission doit théoriquement prendre ses fonctions au plus tard le 1er novembre. En 2009, la date d’entrée en fonction de la Commission avait eu trois mois de retard.

Le processus est donc long et complexe puisqu’il doit prendre en compte les intérêts des Etats, de la Commission, du Parlement et des électeurs.

Ce qu’on peut cependant déjà constater une semaine après les élections européens, c’est le silence assourdissant du président actuel de la Commission, José Manuel Barroso, invisible et inaudible pendant toute sa mandature et au plus fort de la crise européenne. Mais aussi le silence de l’énigmatique président du Conseil européen, Herman Van Rompuy qui était supposé « incarner » l’Europe depuis 2009. Celle-ci n’a jamais été aussi peu incarnée. Et face à ce silence, ce ne sont que les agendas de politique intérieure qui rythment les débats tous orientés vers les intérêts nationaux et les échéances électorales nationales. Débats menés par les acteurs politiques et les médias.

Dimanche dernier, les résultats des élections européennes ont confirmé la montée du scepticisme vis à vis de l’Union et des institutions européennes. Aujourd’hui, on observe l’inexistence absolue de réaction et d’intelligence politiques et l’absence totale de leaders capables de donner une vision et un sens au projet européen. Il s’agit pourtant de notre avenir.

 

 

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