Song Zhuang, lieu de désolation et capitale artistique de la Chine

Song Zhuang, lieu de désolation et capitale artistique de la Chine

Partagez
Deux Français et un Suédois parmi les 7000 artistes installés à Song Zhuang, la capitale artistique de la Chine
Deux Français et un Suédois parmi les 7000 artistes installés à Song Zhuang, la capitale artistique de la Chine

Vendredi 20 juin 2014. A l’image des immenses chantiers que seule la Chine peut mettre en oeuvre, le village de Song Zhuang, dans le district de Tongzhou, est en passe d’être la capitale artistique de la Chine, et ce en l’espace de quelques mois seulement.

C’est un projet et une volonté politique du gouvernement chinois, alors que l’intérêt pour l’art contemporain grandit, que de créer à partir d’une toute petite communauté de peintres déjà regroupés à Song Zhuang – un village de pauvres fermiers – le centre artistique le plus important de Chine et donc d’Asie aux portes de Pékin.

D’immenses nouveaux ateliers sont mis à la disposition des peintres tous les jours, des galeries dont les dimensions sont en rapport avec la taille de la Chine ouvrent toutes les semaines. 7 000 artistes – des plus réputés aux plus obscures, des plus riches aux plus misérables – vivent et travaillent aujourd’hui à Song Zhuang. Ils ont parfois fui le « 798 », le fameux district de Pékin dédié aux artistes devenu selon certains surfait et trop touristique.

Le lieu n’a pourtant rien de bucolique. Entourée de larges autoroutes menant à Pékin et d’usines, traversée par d’immenses pylônes électriques délivrant l’électricité aux 20 millions d’habitants de la capitale chinoise, recouverte de chantiers, d’ateliers et de galeries vides, la ville de Song Zhuang est plus un lieu de désolation que d’inspiration.

Ce projet a d’abord menacé les fermiers de Song Zhuang qui devaient être initialement expulsés pour laisser la place aux artistes. Autorisés ensuite à rester, ils profitent maintenant de la manne ouverte par ce chantier exceptionnel en vendant ou louant leurs maisons aux peintres ou en se convertissant en marchands de toutes sortes d’objets.

Parmi les artistes, pour lesquels la vie n’est pas toujours facile facile à l’immigration massive et au renchérissement des coûts, figurent une trentaine d’étrangers dont deux Français, un peintre et un photographe, et un sculpteur suédois.

Installés depuis quelques années à Song Zhuang, ils vivent mal la transformation radicale et fulgurante de leur village et cherchent déjà un nouvel endroit pour s’installer et retrouver la quiétude recherchée et qu’ils avaient trouvée auparavant à seulement quelques kilomètres de Pékin.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *