Elections en Suède : même scénario qu’en France ?

Elections en Suède : même scénario qu’en France ?

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Jeudi 28 août 2014. Alors que la rentrée politique française a été fracassante avec la démission et la nomination d’un nouveau gouvernement en 24 heures, la Suède entre dans la dernière ligne droite de la campagne électorale des élections générales du 14 septembre.

Les enjeux sont importants puisqu’il s’agit non seulement de renouveler les élus locaux (régionaux et municipaux) mais aussi ceux du Parlement national où le chef du parti arrivé en tête sera désigné Premier ministre.

Tous les sondages indiquent aujourd’hui une large avance, 48,8%, à l’opposition coalisée autour du parti social démocrate, de la Gauche et des Verts. L’alliance au pouvoir – droite-centre droite – devrait être largement vaincue en ne remportant que 37,7% des suffrages (enquête DN-IPSOS publiée aujourd’hui).

Vu de France, le mauvais résultat attendu des partis au pouvoir peut surprendre. La situation économique de la Suède est saine. Le pays a très bien résisté à la crise mondiale et européenne de 2009. La croissance frôle les 2%, le taux de chômage décroit pour se stabiliser autour de 7%, les dépenses publiques sont maîtrisées avec une dette publique représentant 44,5% du PNB et un baromètre de conjoncture économique positif (103,2).

En dépit de ces bonnes performances, une majorité des électeurs suédois partagent un sentiment de mécontentement, diffus mais persistant. Un mécontentement qui porte essentiellement sur l’emploi des jeunes – qui rencontrent des difficultés à trouver un emploi (14,8% de taux de chômage chez les 15-24 ans) -, la formation et l’éducation dont les mauvais résultats ont été pointés du doigt par l’enquête PISA 2014 menée dans les pays de l’OCDE, ainsi que sur la politique d’ouverture de la Suède qui, en 2013, a accueilli 116 000 immigrants venant principalement, après la Finlande, d’Irak et de Pologne (chiffres des services d’immigration suédois).

Ce mécontentement diffus va donc pousser une majorité d’électeurs à voter, par rejet des partis au pouvoir, pour les partis de l’opposition. Comme en France en 2012, quand les Français, fatigués par la politique bling-bling de Nicolas Sarkozy, ont choisi par défaut François Hollande comme président de la République.

Celui-ci promettait le changement, la justice sociale, l’équité et le partage par tous des efforts nécessaires pour la mise en oeuvre des réformes structurelles indispensables au redressement du pays.

Or,deux ans plus tard, ces promesses se font toujours attendre. Syndicats, corporations, opinions publiques, corps d’Etat freinent des quatre fers pour la mise en oeuvre de toute réforme. Et les contraintes budgétaires imposées par les traités européens laissent peu de marge de manoeuvre à un gouvernement d’un Etat dont le déficit public, en dégradation continue, est constant depuis les années 1970.

De la même manière, le nouveau gouvernement suédois, ne pourra que poursuivre la politique économique et sociale actuelle, sans hausse d’impôts, avec des mesures favorisant les entreprises et protégeant par des économies et des rationalisations de dépenses, le système de protection sociale.

Comme en France, la déception risque alors d’être grande et la popularité et le sort de Stefan Löfven, chef du parti qui remportera vraisemblablement les élections – ont de grandes chances rejoindre ceux du président français, François Hollande.

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