Catastrophe maritime
naufrage de l’Estonia, 852 morts dont 501 Suédois et une Française

Catastrophe maritime
naufrage de l’Estonia, 852 morts dont 501 Suédois et une Française

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France Suède actualités Le roi suédois a rendu hier hommage aux victimes du naufrage en 1994 de l'Estonia. Le Bureau Veritas français fut attaquée en justice
Le roi suédois a rendu hier hommage aux victimes du naufrage en 1994 de l’Estonia. Le Bureau Veritas français fut attaquée en justice

Lundi 29 septembre 2014. Il y a 20 ans, le 28 septembre 1994, sombrait à 1h50 du matin au fond de la mer Baltique l’Estonia, un navire assurant la liaison régulière entre Talinn, capitale de l’Estonie, et Stockholm en Suède. Une tragédie qui entraîna la mort de 852 des 989 passagers du ferry.

Si de nombreux Estoniens perdirent la vie au cours de cette nuit-là (347), la Suède paya le plus lourd tribut avec 501 personnes décédées. Le pays, peu habitué à ce genre d’accident et dont les citoyens sont protégés par de nombreuses normes de sécurité, fut traumatisé par cette catastrophe dont les circonstances suscitent encore aujourd’hui des critiques.

Le navire avait quitté Tallinn le 27 septembre, aux alentours de 19h00. Le temps était pluvieux mais avec une bonne visibilité, un vent du sud soufflait à huit mètres par seconde et il était prévu une dégradation des conditions météorologiques avec des vents devenant violents.

Cinq heures après avoir quitté le port de Tallinn, l’Estonia affrontait aux alentours de minuit une mer agitée, avec des vagues de quatre mètres et des rafales de vent atteignant 20 m/s. Sous l’effet de la force des vagues et d’une faiblesse de conception de l’avant mobile du bateau (qui pouvait de soulever pour débarquer les véhicules), de l’eau s’engouffra à l’intérieur du ferry, provoquant une importante gîte. En moins d’une heure, le ferry coula.

Ce ne fut ensuite que confusions dans les heures et les jours qui suivirent. Confusions dans l’organisation des secours avec peu du matériel mal équipé – la taille des treuils des hélicoptères était inadaptée, les équipages de secours mal dimensionnés -, confusions dans la communication – des informations erronées sont diffusées avec des erreurs sur le nombre de rescapés, de disparus…-, confusions dans les raisons données par les autorités – le Premier ministre suédois, Carl Bildt aujourd’hui ministre des Affaires étrangères, explique seulement après le drame qu’il s’agit d’un accident, confusions dans les engagements du gouvernement suédois qui promet tout faire pour retrouver les corps et qui quelques mois plus tard, en décembre, décide de ne faire de l’épave de l’Estonia une sépulture inviolable pour les 757 personnes disparues. Il propose même de recouvrir le site d’une chape de béton pour éviter toute pénétration du lieu.

Autant de cafouillages et de revirements qui vont très rapidement alimenter les rumeurs : attentat terroriste, collusion avec un sous-marin soviétique, tentative de faire disparaître du matériel militaire embarqué à bord.

Enquêtes et rapports officiels vont tous conclure à l’accident résultant du mauvais temps et de la mauvaise conception de l’étrave mobile du ferry.

La France est également atteinte par la catastrophe. Parce que la seule passagère française à bord de l’Estonia disparût dans la Baltique. Et surtout parce que c’est le Bureau Veritas, l’agence française de classification, qui avait établit les certificats du navire, assignée en indemnisation par 1321 ayant-droits devant le tribunal de grande instance de Nanterre.

Vingt après le drame, si les survivants et les familles des victimes ont rapidement reçu une indemnisation contre le renoncement à toute action en justice, personne n’a été condamné et malgré les conclusions officielles, le mystère reste aujourd’hui entier pour de nombreux Suédois.

Les sources :

Rapport définitif officiel de l’accident / Statens haverikommission

 

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