Commissaires européens
La France et la Suède satisfaites

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La France et la Suède satisfaites

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France Suède actualités UE France et Suède ont de bonnes raisons de la nomination de Pierre Moscovici et Cecilia Malmström à des postes clés de la Commission européenne
France et Suède ont de bonnes raisons de la nomination de Pierre Moscovici et Cecilia Malmström à des postes clés de la Commission européenne

Jeudi 11 septembre 2014. Le prochain président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a présenté hier à Bruxelles, les membres de son équipe appelée à remplacer à compter du 1er novembre l’actuelle commission de José Manuel Barroso.

Parmi eux, en plus de la Haute représentante de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, les 27 Commissaires européens, chacun issu d’un des Etats-membres de l’Union européenne. Un commissaire ne représente pas son pays d’origine, sa mission étant de travailler à l’intérêt général de l’Union européenne, sans tenir compte de celui particulier de son Etat.

Le Commissaire français, Pierre Moscovici, sera finalement en charge des Affaires économiques et monétaires, après de longues tractations avec l’Allemagne réticente à voir un Français à la tête d’un chapitre essentiel pour elle, l’assainissement des finances publiques, pour lequel la France semble en position de faiblesse. La France dont le ministre de l’Economie vient d’annoncer, à quelques jours de la présentation de la loi de finances pour 2015, que le déficit public atteindra 4,4% du PIB en 2015.

La nomination de Pierre Moscovici aux Affaires économiques et financières est donc un succès pour la France.

Du moins du point de vue symbolique : c’est un poste clé au sein de la Commission, la France a su se faire entendre auprès de Jean-Claude Juncker et elle a su imposer son candidat face à l’Allemagne dont on dit qu’elle préside à toutes les décisions et nominations de l’Union.

Pour le reste, rien n’est moins sûr. La Commission européenne est un collège où les décisions sont prises collégialement. Pierre Moscovici sera donc encadré dans sa conduite des affaires. De plus, rien n’indique que le Commissaire français n’adoptera pas rapidement une perspective européenne avec la défense de l’intérêt européen, « oubliant » celui, particulier, de la France.

La Suède est également satisfaite. Pour deux raisons.

La première est que Jean-Claude Juncker a finalement présenté un Commissaire à la politique régionale et à l’élargissement. La Suède s’inquiétait en effet de la disparition de l’Élargissement après la fuite d’un organigramme préliminaire qui avait fuité la semaine dernière et dans lequel ne figurait pas de commissaires à l’Élargissement. Un sujet auquel la Suède est très attachée alors que la menace russe plane sur les Etats limitrophes de l’Europe et candidats à l’Union, comme par exemple l’Ukraine.

La deuxième est que la candidate suédoise, Cecilia Malmström, a été nommée au Commerce, une question centrale de l’Union européenne. Le Premier ministre suédois, Frederik Reinfeldt, s’est réjoui de voir à la tête du Commerce une « personne qui croît au libre-échange et qui mènera des négociations dans un domaine où l’Union bénéficie d’une grande puissance et possède de l’influence et où l’Union est le plus grand acteur ».

Frederik Reinfeldt, Premier ministre sortant qui devrait être remplacé par l’opposant social-démacrate Stefan Löfven après les élections de dimanche prochain, peut aussi être satisfait de la nomination à un poste clé de la Commission d’une personnalité politique de son bord. Cecilia Malmström appartient en effet au parti du Peuple, au pouvoir en Suède depuis huit ans, au sein de l’Alliance avec les Nouveaux Modérés, les Chrétiens-démocrates et le Parti du centre.

Pierre Moscovici et Cecilia Malmström qui a habité en France et parle couramment le français, sont en tout cas deux Européens convaincus, ayant une longue expérience de l’Union européenne, qui ont été secrétaire d’Etat ou ministre des Affaires européennes et qui sont partisans d’une Europe plus intégrée.

Sources :

nomination de la « Commission Juncker », Commission européenne

réaction du gouvernement suédois, le portail du gouvernement suédois

 

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