Elections en Suède
changement de majorité

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Suède actualités La coalition rose-rouge-verte devrait gouverner la Suède ces 4 prochaines années et répondre à un besoin de changement des Suédois
La coalition rose-rouge-verte devrait gouverner la Suède ces 4 prochaines années et répondre à un besoin de changement des Suédois

Lundi 15 septembre 2014. Les résultats des élections générales du 14 septembre vont modifier la composition du Parlement suédois jusqu’alors dominé par l’Alliance, une coalition politique de centre droit autour du parti des Nouveaux Modérés dont le Premier ministre Frederik Reinfeldt est issu. C’est le parti social démocrate qui a remporté le scrutin d’hier avec 31,2% des voix, devant les Nouveaux Modérés qui n’ont recueilli que 23,2% des bulletins de vote, soit un retrait de 6,7% par rapport aux dernières élections de 2010.

Vainqueur, le parti social-démocrate ne peut pourtant pas construire une majorité au Parlement avec ses traditionnels alliés, les Verts et la Gauche puisque ensemble, les trois partis ne réuniront que 158 députés sur les 349 que compte le Parlement suédois.

Stefan Lövfen, chef du parti social démocrate arrivé en tête des suffrages et donc prochain Premier ministre, devra trouver un moyen pour former une majorité stable lui permettant de mettre en oeuvre la politique du nouveau gouvernement.

La tâche s’annonce difficile. Le parti de droite nationaliste les Démocrates de Suède, a remporté une certaine victoire en remportant près de 13% des voix et qui devient ainsi la 3ème force politique du pays. Ce parti, anti-européen et défendant les valeurs traditionnelles de la Suède, vient troubler le jeu politique qui dominait jusqu’à présent avec une alternance régulière des coalitions historiques de gauche (rouge) et de droite (bleue). Une victoire qui permettra aux Démocrates de Suède d’envoyer 49 députés au Parlement, soit 29 de plus qu’aujourd’hui aux dépens des partis traditionnels de droite. Le bon résultat de ce parti nationaliste est d’autant plus remarquable qu’il fait constamment l’objet de dénigrements systématiques et de mise au ban de la politique de la part de tous les médias, des intellectuels et de l’ensemble des personnalités du pays.

Le nouveau gouvernement hérite d’une situation économique globalement satisfaisante au vu de la crise qui a frappé la Suède comme le reste de l’Europe en 2009. La croissance frôle les 2%, le taux de chômage décroit pour se stabiliser autour de 7%, les dépenses publiques sont maîtrisées avec une dette publique représentant 44,5% du PNB et le baromètre de conjoncture économique est positif (103,2).

Mais Stefan Lövfen et ses alliés politiques vont devoir faire face aux attentes de changement des Suédois, lassés de la coalition de droite au pouvoir depuis huit ans, un exploit dans ce pays profondément ancré dans la sociale-démocratie. Des attentes de changement qui risquent d’être très vite déçues : les marges de manoeuvre du prochain gouvernement sont très étroites et celui-ci ne sera soutenu que par une petite majorité au Parlement où le parti nationaliste de droite, les Démocrates de Suède, n’hésitera pas à s’imposer dans l’agenda politique.

Reste que les questions posées par ce parti nationaliste de droite restent tabou en Suède. L’immigration – avec un nombre record de réfugiés et d’immigrés accueillis en Suède ces dernières années, les Roms qui arrivent par milliers en Suède pour y mendier dans les rues et la montée d’un sentiment anti-islam – n’est pas un sujet sur lequel il est vraiment possible de s’exprimer en Suède. Soulever même la question risque à son auteur d’être immédiatement accusé de racisme. Le Premier ministre Frederik Reinfeldt a certainement perdu des voix quand il a, pendant la campagne électorale, demandé aux Suédois « d’ouvrir (leur) coeur » en accueillant les réfugiés.

Il est peu probable que le nouveau gouvernement se différencie du précédent sur les questions d’immigration, ni sur celles concernant l’Union européenne, ni sur la nécessité d’équilibrer les finances publiques, la fiscalité en général (sauf les impôts touchant les retraités et le relèvement de la TVA dans la restauration), ni sur la politique étrangère.

On peut alors se demander ce qui changera, sauf à avoir moins de lisibilité et de stabilité.

Les sources :

résultats des élections générales en Suède / site officiel

chiffres économiques Suède / EkonomiFakta

 

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