France et Suède
Le Mistral et les pommes attendront

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Le Mistral et les pommes attendront

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France Suède actualités Les deux pays sont différemment touchés par les sanctions contre la Russie, la France paye un tribut élevé avec un coût financier élevé
France, Suède touchées par les sanctions

Jeudi 4 septembre 2014. La France, par la voix de son président François Hollande, à l’issue d’un Conseil de défense, a annoncé hier que « les conditions (n’étaient) en ce jour pas réunies » pour livrer le porte-hélicoptères français Mistral à la Russie. La livraison est donc « suspendue » jusqu’en novembre, alors qu’elle devait avoir lieu en octobre. Soit avec au moins un mois de retard, car on peut noter que la transaction n’est que « suspendue » et que le contrat n’est pas rompu.

La raison de cette « suspension » sont « les actions récemment menées par la Russie dans l’est de l’Ukraine (qui) contreviennent aux fondements de la sécurité en Europe ». Et bien sûr sous la pression d’Etats occidentaux partisans d’une ligne plus dure vis à vis de la Russie, dont font partie les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la Suède.

La Suède est en effet partisane de sanctions internationales à l’encontre de la Russie. Le ministre des Affaires étrangères Carl Bildt avait déclaré que « livrer des armes à la Russie (était) une position difficilement défendable ». Après l’annonce française de suspendre la livraison des deux Mistral, Carl Bildt estimait que c’était une bonne décision, sans manquer de souligner sournoisement que dire que « les conditions n’étaient pas réunies » était plutôt une litote.

La Suède a de bonnes raisons d’être très favorables à des sanctions contre la Russie. D’abord parce que sa position géographique place le pays aux portes de la Russie. Ensuite parce qu’elle conserve des souvenirs de moments particulièrement tendus avec l’URSS pendant la guerre froide avec l’intrusion fréquente de sous-marins soviétiques dans les eaux territoriales suédoises. Enfin parce qu’économiquement, la Suède est moins exposée que par exemple la France aux sanctions contre la Russie, avec des enjeux financiers plus faibles.

Si la livraison des Mistral ne se faisait pas, le coût financier serait important pour la France avec le paiement d’amendes que la Russie ne manquerait pas d’exiger. Sans compter le coût social avec des centaines d’emplois en jeu et le coût géopolitique résultant d’un manque de fiabilité que certains Etats pourraient ressentir vis à vis des livraisons d’armes françaises.

Quant à la Suède, les conséquences économiques des sanctions contre la Russie se font surtout sentir par le biais des mesures de rétorsions russes pesant sur les produits alimentaires de l’Union européenne. Celles-ci entraînent dans le pays l’amoncellement de pommes et le gonflement des stocks de lait en poudre qui auraient dû être livrés à la Russie.

Les agriculteurs suédois, tout comme leurs homologues français, demandent des compensations financières à l’Union européenne qu’ils estiment être à l’origine des sanctions et des mesures de rétorsions russes. Les ministres de l’agriculture européens se sont réunis hier à Bruxelles pour mettre en place un système d’aide aux agriculteurs. La position de la Suède, très pro-sanctions, était alors plutôt discrète…

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