Les Vikings, sauveurs de l’Europe ?

Les Vikings, sauveurs de l’Europe ?

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France Suède actualités L'histoire ne retient des Vikings que raids et violence ils ont pourtant contribué à relancer l'économie européenne selon Anders Winroth
L’histoire ne retient des Vikings que raids et violence ils ont pourtant contribué à relancer l’économie européenne selon Anders Winroth

Vendredi 26 septembre 2014. Pillages, violences, viols, barbarie, les mots caractérisant la sauvagerie des invasions vikings ne manquent. L’imaginaire collectif véhicule encore ces images de peuples venus du nord de l’Europe, aux cheveux longs, barbus, portant des casques à corne, semant la terreur et commettant les pires horreurs sur leur passage, à travers une Europe continentale civilisée.

Et surtout christianisée où les riches et puissantes institutions religieuses rassemblaient l’élite intellectuelle. C’est dans ces institutions, églises ou monastères, que s’écrivait l »histoire, les prêtres ou les moines étant les seuls à posséder la capacité de rédiger. Elles possédaient également la plupart des richesses – métaux précieux, tissus, meubles, provisions alimentaires – convoitées par les Vikings. Des vikings païens qui ne connaissaient pas Jésus, mais qui adoraient des dieux sauvages et appartenaient à une communauté sans église et sans prêtre, pétris de croyances barbares et donc forcément plus violents que la pire lie de la civilisation chrétienne.

On peut alors facilement supposer que la réalité historique ait été tordue dans l’écriture faite par les hommes d’église.

Dans son nouveau livre « The age of the Vikings », Anders Winroth, professeur d’histoire médiévale à l’université de Yale aux Etats-Unis, démontre que la violence des vikings n’avait rien d’extraordinaire à cette époque. Charlemagne, considéré, notamment en France, comme le père fondateur de l’Europe, agissait avec les mêmes méthodes : pillages, mises à sac, brutalité. Pourtant, l’histoire retient de Charlemagne, qui ordonna la décapitation de 4 500 Saxons rebelles et réfractaires à la christianisation forcée, l’empereur qui fonda les bases de la construction européenne et favorisa la diffusion de la chrétienté, et donc de la civilisation, dans tout le continent.

L’injustice faite aux Vikings ne s’arrête pas là pour Anders Winroth. Selon lui, les peuples du Nord, qui avaient un comportement rationnel au moment de leurs raids et conformes aux pratiques de l’époque, ont également contribué à stimuler l’économie de l’Europe occidentale.

Si horribles qu’étaient les raids, ils ont pourtant, selon Anders Winroth, permis de relancer une économie moribonde et asséchée depuis l’effondrement de l’Empire romain. En remettant en circulation en Europe les métaux précieux accumulés par les institutions religieuses et qui dormaient dans des coffres et en redynamisant les circuits du commerce. Grâce à un vaste réseau s’étendant de l’Islande à l’Asie centrale, les Vikings faisaient circuler les marchandises à travers l’Europe. Et en exportant des fourrures, du bois, de l’ambre vers l’Orient, ils ont pour un temps rétabli la balance commerciale jusqu’alors défavorable à l’Europe.

Circulation monétaire, relance, exportation, balance commerciale, autant de sujets brûlants et toujours d’actualités dans une Europe en crise qui se divise sur les moyens d’y mettre fin. Et où les pays scandinaves s’en sortent mieux que leurs voisins.

Les sources :

– « The age of the Vikings » (L’âge des Vikings »), Anders Winroth, Princeton University Press

 

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