Rentrée mouvementée en France et en Suède

Rentrée mouvementée en France et en Suède

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Actualités France Suède politique L'éducation est un axe essentiel de la campagne électorale en Suède et un sujet de crispation politique en France
L’éducation est un axe essentiel de la campagne électorale en Suède et un sujet de crispation politique en France

Mercredi 3 septembre 2014. La rentrée politique est mouvementée. En France, avec la démission et la nomination d’un nouveau gouvernement, en Suède avec l’approche des élections générales qui vont probablement amener au pouvoir national l’opposition de gauche d’aujourd’hui.

Mais c’est aussi la rentrée scolaire qui a eu lieu, il y a près de 15 jours en Suède et tout juste hier en France. Une rentrée scolaire pas comme les autres puisque une nouvelle organisation du temps scolaire – très controversée – va s’appliquer dans toutes les écoles à compter de cette année.

En Suède, l’école est également au coeur du débat politique puisque c’est justement le sujet qui pourrait faire perdre les élections à la majorité de centre droit. En effet, la réforme de l’éducation introduite au début des années 1990 – sous un gouvernement de droite, mais poursuivie par un gouvernement de gauche – basée sur un système décentralisé et la libéralisation d’écoles indépendantes autorisées à lever des fonds privés. Cette structure, où l’enseignement reste gratuit pour tous, devait en favorisant la concurrence entre les établissements, augmenter le niveau de l’éducation dispensée tout en baissant les coûts de l’administration publique.

L’idée était également de favoriser les échanges professeurs-parents-élèves en rendant les établissements autonomes avec au final des méthodes pédagogiques innovantes permettant d’améliorer la qualité de l’enseignement.

Mais en 2014, personne ne constate une élévation du niveau des élèves. Pis, on observe une dégradation nette des performances, confirmée par la publication du dernier rapport PISA (Programme international pour le suivi des acquis des élèves) qui révèle un brusque décrochage de la Suède dans le classement international avec une chute de 13 places !

Personne en Suède ne conteste l’échec des réformes scolaires des années 90. Et chaque parti politique fait de l’éducation le principal sujet de sa campagne électorale. L' »Alliance », la coalition de centre droit au pouvoir, a, dans son manifeste de campagne, mis un peu de côté la question des baisses d’impôts – un autre sujet délicat en Suède – pour mettre la formation au centre de ses préoccupations.

Le modèle suédois continue pourtant d’être régulièrement cité en exemple en France qui pourtant, toujours selon le rapport PISA, est pour la première fois mieux classée que la Suède, en 18ème position sur les 34 pays de l’OCDE, même si, elle aussi, marque en recul de cinq places.

Les ministres de l’Education nationale successifs ont tous tenté depuis des années de réformer le système scolaire pour enrayer la baisse constatée de l’éducation et chaque tentative de réforme a été contestée dans la rue : assouplissement du rythme scolaire ( semaines de quatre jours et demi, allongement des vacances de la Toussaint…), formation et évaluation des enseignants, ouverture de nouveaux postes ou encore programmes et cartes scolaires.

La question du rythme scolaire mis à part, le sujet qui a le plus de retentissement médiatique, soulève le plus de contestation et mobilise le plus le débat est celui qui porte sur la théorie du genre qui serait enseignée dans les écoles. La polémique a été lancée en 2013 avec cette année-là l’introduction d’une séquence pédagogique contenant des exercices et activités testée dans quelques centaines de classes visant à questionner les rôles des hommes et des femmes dans la société.

La nomination de Najat Vallaud-Belkacem, dont la rumeur dit qu’elle était partisane de la théorie du genre quand elle était ministre déléguée des Droits des femmes,  comme ministre de l’Education nationale a relancé la polémique puisque certains y voient la volonté du gouvernement de pousser l’enseignement de cette théorie dans les écoles.

On comprend alors que la route est encore longue pour donner au pays les moyens de relever le niveau de l’enseignement, une question essentielle dans un monde globalisé où la concurrence retire chaque jour un peu plus de compétitivité à la « vieille Europe ».

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