La Russie au centre de l’actualité
en France et en Suède

La Russie au centre de l’actualité
en France et en Suède

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La chasse menée par les Suédois pour retrouver le sous-marin russe n'a rien donné, le patron de Total, un Français "grand ami de la Russie" s'est tué à Moscou.
Les vaines recherches suédoises du mystérieux sous-marin russe suscite des moqueries sur les médias sociaux

Mardi 21 octobre 2014. La Russie est aujourd’hui en tête de l’actualité en France et en Suède. En France, parce que le président de la première entreprise française en termes de chiffres d’affaires, Total, est mort cette nuit dans un accident d’avion à Moscou et en Suède, parce que la chasse au mystérieux « sous-marin » russe se poursuit depuis trois jours dans l’archipel de Stockholm.

Ces deux événements concomitants illustrent à leur manière la situation de la France et de la Suède vis à vis de la Russie, un sujet que nous évoquions hier dans ces colonnes.

Christophe de Margerie était à bord d’un avion privé, un Falcon 50, qui le ramenait à Paris depuis Moscou où il avait rencontré le Premier ministre russe, Dimitri Medvedev. L’avion, au moment du décollage a heurté une déneigeuse entraînant la mort de tous ses occupants, trois membres d’équipage et le président de Total. Vladimir Poutine, président de la Russie, a aussitôt déploré la perte « d’un grand ami de la Russie ».

C’est que Christophe de Margerie, à la tête d’une société très présente en Russie – Total y a ouvert son premier bureau en 1991 sitôt après la désintégration de l’URSS et a signé un accord dès 1995 pour l’exploitation d’un champ de pétrole près du cercle polaire – a toujours défendu le point de vue russe depuis la crise ukrainienne. Il faisait ainsi partie des quelques chefs de grandes entreprises à s’opposer aux sanctions décidées par l’Union européenne. Christophe de Margerie, très proche du pouvoir russe jusqu’à sa dernière rencontre avec Dimitri Medvedev dans la datcha de celui-ci, quelques heures avant l’accident, disait vouloir « être pragmatique » et protéger avant tout l’emploi de ses salariés français et russes.

Pragmatisme, défense de l’industrie français et des emplois, telle est en général la position de la diplomatie française vis à vis de la Russie dans la crise ukrainienne. Si le président français François Hollande a décidé de « suspendre » – et non d’annuler- la livraison de navires de guerre français à la Russie en septembre dernier, c’est sous la pression de ses partenaires européens et américain. Une rupture du contrat de vente aurait non seulement entraîné d’importantes répercussions économiques mais aurait aussi porté préjudice à la réputation et la fiabilité des engagements français.

Du côté de la Suède, les militaires sont à la recherche d’un mystérieux engin qui serait en train de circuler en cachette sous les eaux de l’archipel de Stockholm. De très importants moyens ont été déployés depuis plusieurs jours, en vain. La chasse n’a encore rien donné, ce qui n’a pas manqué de susciter des moqueries de plus en plus nombreuses sur les réseaux sociaux. Ce n’est pas la première fois que la Suède se trouve confrontée à la violation de ses eaux territoriales par des navires soviétiques puis russes. Ces intrusions, réelles et/ou suspectées, étaient fréquentes dans les années 1980. En septembre dernier, l’ambassadeur russe était convoqué au ministère des Affaires étrangères à Stockholm pour entendre les protestations officielles du gouvernement russe après l’entrée de deux avions de combat russes – des SU 24 – dans l’espace aérien suédois. La semaine dernière, le journal suédois Svenska Dagbladet révélait que la Présidence russe, donc en ce moment Vladimir Poutine – était propriétaire depuis 2009 d’un terrain de 17 800 m² sur le front de mer, à quelques kilomètres de la Suède, sur l’île finlandaise d’Åland.

Ces violations de l’espace aérien et les réactions suédoises révèlent le sentiment de menace que suscite la Russie en Suède, un sentiment beaucoup plus fort qu’en France plus éloignée géographiquement.Ce qui peut expliquer que le gouvernement suédois ait toujours défendu la mise en oeuvre par l’Union européenne de sanctions sévères à l’encontre de la Russie pour ses agissements dans la crise ukrainienne.

En revanche, les entreprises suédoises, comme les entreprises françaises, présentes en Russie, n’ont pas le même point de vue. Et la crise ukrainienne ne les empêchent pas d’envisager d’y développer leurs investissements. Même frappées par les sanctions et en dépit des difficultés qu’elles y rencontrent – corruption, manque de personnel qualifié, inflation, faiblesse du rouble, problèmes d’obtention des permis de vente – deux entreprises sur trois présentes en Chine et ayant participé à l’enquête de Business Sweden, considèrent que la rentabilité de leurs activités sont plus élevées en Russie que sur les autres marchés, à tel point qu’elles prévoient de les développer au cours des trois prochaines années.

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