Prix de la Banque de Suède en sciences économiques
un Français distingué

Partagez
Le Français Jean Tirone a reçu le Prix d'économie de la Banque de Suède. Pour lui, le cas de la France n'est pas désespéré mais des réformes sont nécessaires

Le Français Jean Tirone a reçu le Prix d’économie de la Banque de Suède. Pour lui, le cas de la France n’est pas désespéré mais des réformes sont nécessaires

Mardi 14 octobre 2014. La France a le vent en poupe en Suède. Pour la deuxième fois en l’espace de seulement quelques jours, une institution suédoise distingue un Français. Après le prix Nobel de littérature décerné vendredi dernier à Patrick Modiano par l’Académie suédoise (Svenska Akademien) qui récompense chaque année depuis 1901 l’auteur ayant produit dans le domaine de la littérature l’oeuvre la plus remarquable « dans une direction idéale » (« i en idealisk riktning »), c’est au tour du Français Jean Tirone de recevoir le prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d’Alfred Nobel.

Cette distinction prestigieuse, créée et financée en 1968 par la Banque de Suède pour marquer son 300ème anniversaire, est attribuée chaque année à une ou plusieurs personnalités dont les contributions en sciences économiques ont été jugées exceptionnelles par l’Académie royale des sciences de Suède (Kunglika Vetenskapsakademien) en charge de la sélection du ou des lauréats. Le prix, dont la valeur monétaire s’élève à 10 millions de couronnes – est remis en décembre à Stockholm par le roi de Suède. Si cette distinction est gérée par la Fondation Nobel et suit les mêmes règles que les prix Nobel, il s’agit de la seule récompense qui n’a pas été créée par le testament d’Alfred Nobel.

Cette particularité a provoqué des contestations autour du prix décerné par l’Académie royale des sciences de Suède. L’arrière-petit neveu d’Alfred Nobel, Peter Nobel, critique cette distinction qui concerne un domaine – l’économie – qu’il ne considère pas comme une science et qui a récompensé de nombreuses personnalités ayant spéculé sur les marchés financiers.

Pour autant, le prix de la Banque de Suède reste prestigieux. Il est largement dominé par les Américains qui ont obtenu près de 60% des lauréats avec 41 récompenses. Trois Français – dont le dernier Jean Tirone – ont été distingués tandis que deux Suédois – Gunnar Myrdal en 1974 et Bertil Ohlin en 1977 – ont reçu ce prix.

Alors que le projet de budget 2015 de la France – qui prévoit une réduction de seulement 0,2 % du déficit public structurel, est en cours d’examen par la Commission européenne qui risque d’émettre des demandes de modification et à partir d’aujourd’hui par le Parlement français, Jean Tirone a donné hier son avis sur la situation économique de la France. « Le cas de la France n’est pas désespéré parce qu’on a beaucoup d’atouts, on a quand même des grandes entreprises qui marchent bien, un tissu de PME – encore trop faible -, et surtout encore beaucoup de capital humain. C’est donc important d’investir dans l’éducation, dans l’économie de la connaissance. Il faut faire aussi en sorte que notre pays puisse donner un emploi aux jeunes et qu’on ne leur lègue pas une dette trop élevée. On arrive dans une zone un peu dangereuse où si les marchés attaquent la dette française, ce qui n’est pas le cas actuellement puisque les taux sont très bas, on pourrait se retrouver avec des difficultés importantes. Il s’agit de faire des réformes assez vite. La question n’est pas l’austérité mais les réformes qui donnent confiance à l’étranger sur l’avenir de la France ».

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *