Projet de budget d’Etat
Des écarts entre la France et la Suède

Projet de budget d’Etat
Des écarts entre la France et la Suède

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La France et l'Italie ont présenté hier à la Commission européenne un budget 2015 avec respectivement un déficit de 4,3% et une dette publique de 130% du PNB. Un gros écart avec la Suède
La France et l’Italie ont présenté hier à la Commission européenne un budget 2015 avec respectivement un déficit de 4,3% et une dette publique de 130% du PNB. Un gros écart avec la Suède

Jeudi 16 octobre 2015. Tandis que la Suède débat sur l’opportunité de maintenir la règle d’un excédent budgétaire de 1% décidée après la crise qu’a traversée le pays à la fin des années 1990, la France et l’Italie ont présenté hier à la Commission européenne leur projet de budget d’Etat. Avec un déficit public de 4,5% pour la France, soit 1,5 point de plus que ce qui avait été promis, et une dette de 130 % du PNB pour l’Italie qui s’était pourtant engagée à désamorcer sa dette publique, les deux pays risquent de recevoir un avis négatif et des recommandations de la Commission.

La nouvelle ministre des Finances suédois, Magdalena Andersson, avait fait sensation la semaine dernière en déclarant que les « caisses de l’Etat étaient vides » après les deux mandats exercés par l’Alliance – une coalition de centre droit aujourd’hui dans l’opposition – entre 2006 et 20014. Elle avait déclaré que la Suède ne pourrait pas dégager 1% d’excédent budgétaire au cours des quatre prochaines années, tant les finances publiques étaient aujourd’hui en mauvais état avec un déficit public de 1,1% et une dette représentant 42,9% du PNB.

La situation en France et en Italie est fort différente alors que les deux pays ont présenté à la date limite exigée, le 15 octobre, leur projet de budget d’Etat 2015 à la Commission européenne. La France et l’Italie sont partisanes, « dans des circonstances exceptionnelles » de plus de souplesse et de marge de manoeuvre par rapport aux règles européennes, ce qui leur permettrait de relancer leur économie.L’Allemagne, tout comme la plupart des pays d’Europe du Nord comme les Pays-Bas ou la Suède, y est opposée et pèsera de tout son poids dans la décision de la Commission européenne. Celle-ci est prise entre les positions très fermes de l’Allemagne et les déclarations de plus en plus nombreuses en faveur d’un relâchement, comme celles du président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi ou encore de la directrice du FMI, Christine Lagarde.

Les différences entre les situations financières des différents Etats de l’Union européenne illustrent la difficulté de l’Union européenne dans la gestion de la monnaie unique. C’est pourquoi il y avait décidé de fixer des « critères de convergence » afin de réduire ces écarts, fixés dans le traité de Maastricht signé par les Etats membres de l’Union européenne en 1992. Des Etats comme la Suède ou l’Allemagne qui coupent dans leurs dépenses pour alléger leurs dettes et faire baisser les taux d’emprunt, acceptent difficilement que pendant ce temps, d’autres Etats, comme la France ou l’Italie, continuent d’aggraver leurs situations financières tout en bénéficiant des avantages de la monnaie unique.

Face à la Commission, qui a 15 jours pour rendre son avis, le gouvernement français fait preuve d’inflexibilité pour ne pas écorner un peu plus son image auprès des Français, le Premier ministre, Manuel Valls, allant même jusqu’à dire que « la Commission ne peut pas rejeter le budget ». Pourtant, des négociations sont discrètement en cours avec l’institution européenne pour trouver ensemble des efforts supplémentaires qui pourraient être demandés à la France. Le ministre des Finances français, Michel Sapin, a même indiqué que si des modifications devaient être apportées, cela viendrait du Parlement français. Histoire de montrer que la France reste souveraine dans l’élaboration de son budget d’Etat.

 

 

 

 

 

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