Suède : « les caisses sont vides », selon la ministre des Finances

Suède : « les caisses sont vides », selon la ministre des Finances

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France Suède actualités Comme on pouvait s'y attendre, Magdalena Andersson a dressé un tableau sombre du bilan financier et économique du précédent gouvernement
Comme on pouvait s’y attendre, Magdalena Andersson a dressé un tableau sombre du bilan financier et économique du précédent gouvernement

Lundi 13 octobre 2014. La nouvelle ministre des Finances suédoise, Magdalena Andersson, a présenté ce matin au cours d’une conférence de presse, la situation économique et financière du pays. Après avoir donné un aperçu de l’environnement mondial, la ministre socialiste a dressé un tableau bien sombre,  alternance politique oblige,  des finances publiques et des perspectives économiques et financières de la Suède. La description était à la limite de la caricature. 

Magdalena Andersson a constaté que les partis de droite, pour la troisième fois, quittaient le pouvoir en laissant derrière eux des déficits. Des déficits résultant, selon la ministre, de réformes mises en oeuvre sans mesures financières compensatoires qui ont coûté entre 2007 et 2014 157 milliards de couronnes (165 millions d’euros) et des prévisions de croissance trop optimistes. Elle a précisé que la Suède avait creusé son déficit alors que l’ensemble de la zone euro était sur une tendance inverse. Si la ministre a souligné la nécessité de soutenir l’économie en temps de crise, elle estime que l’aide publique du précédent gouvernement avait été mal orientée. Au lieu de réduire les charges patronales, il aurait dû augmenter les allocations familiales ou financer des mesures pour améliorer le marché du travail, sans toutefois dire lesquelles.

La ministre des Finances a pointé le risque que la Commission européenne qui doit examiner le budget cet hiver adresse à la Suède des demandes de correction, le pays risquant de ne pas respecter les règles financières définies dans le Pacte de stabilité et de croissance, le déficit structurel du pays.

Après avoir montré une courbe indiquant une hausse des arrêts maladies depuis 2011, Magdalena Andersson a évoqué l’incertitude qui pèse sur les dépenses de santé de demain avant de rappeler que les coûts liés au vieillissement de la population allaient augmenter.

C’est donc dans ce cadre là que le gouvernement suédois prévoit dans son budget aucune baisse de taxes ni mise en oeuvre de réformes sans moyen de les financer, un redressement progressif du déficit public et un énoncé clair des priorités qu’il se donne : baisse du chômage, amélioration du niveau d’éducation, renforcement des investissements pour le climat et l’environnement et la protection du « modèle suédois ». Le tout en prévenant qu’un excédent budgétaire de 1%, objectif que les sociaux-démocrates avec le parti du Centre s’étaient fixés dans les années 1990 après la crisé financière – ne serait pas atteint au cours des quatre prochaines années. Elle a même qualifié cet objectif d’inapproprié compte-tenu des besoins du pays. Cet objectif est remis à plus tard, dans des conditions qu’elle n’a pas pu décrire.

La ministre n’a à aucun moment rappelé la terrible crise que le monde et l’Europe ont traversé durant le mandat du précédent gouvernement. Une crise qui a violemment touché l’ensemble de l’Union européenne et qui aujourd’hui encore laisse des traces profondes dans l’économie européenne, dont celle de la France : une croissance quasi nulle en 2012-2013, une dette publique de 95%, un taux de chômage de plus de 10%, en 2014, un déficit public de 4,3% en 2013 et un budget 2015 pour lequel la Commission européenne va probablement demander des modifications afin de le rendre conforme aux exigences réglementaires européennes.

En comparaison des autres États de l’Union européenne, le bilan du gouvernement de Fredrik Reinfeldt est largement positif avec de solides fondamentaux : une croissance qui frôle les 2%, un taux de chômage qui décroit pour se stabiliser autour de 7%, des dépenses publiques maîtrisées avec une dette publique représentant 44,5% du PNB et un baromètre de conjoncture économique positif (103,2). Un bilan largement salué par les économistes du monde entier.

Les sources :

– Budget 2015 du gouvernement suédois / gouvernement suédois

– Chiffres économiques de l’économie suédoise / EkonomiFakta

 

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