Suède
Le gouvernement (ré)introduit la gratuité des musées

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Suède culture Le nouveau gouvernement de gauche réintroduit la gratuité des musées d'Etat. Une mesure coûteuse qui ne permet pas d'atteindre les objectifs visés

Suède culture Le nouveau gouvernement de gauche réintroduit la gratuité des musées d’Etat. Une mesure coûteuse qui ne permet pas d’atteindre les objectifs visés

Vendredi 17 octobre 2014. Le nouveau gouvernement suédois a annoncé aujourd’hui que l’entrée des musées nationaux serait gratuit à compter du printemps 2015.

« Les musées sont un bien commun », a expliqué la ministre des Finances Magdalena Andersson, « il est donc naturel qu’ils soient gratuits et ouverts à tous ». Et la ministre de la Culture, Alice Bah Kuhnke, d’expliquer qu’il s’agit d’une des mesures visant à permettre à tous l’accès au patrimoine culturel commun.

Le nouveau gouvernement issu d’une alliance entre le parti social-démocrate et les écologistes, réintroduira la gratuité des musées d’Etat à partir de l’année prochaine. Une gratuité que le gouvernement de gauche avait lancée en 2005 mais très vite supprimée avec l’arrivée au pouvoir du centre droit en 2006, sauf pour les moins de 20 ans.

Si la gratuité des musées avait pratiquement disparu au cours du 20ème siècle, elle est réapparu en force dans les années 1990. En France, sur une proposition du ministère de la Culture, le musée du Louvre devient gratuit le 1er dimanche de chaque mois à partir de 1996. En 2000, face au succès de fréquentation du Louvre, l’ensemble des musées nationaux français adopte le même principe et en 2002, les musées municipaux de Paris proposent une entrée gratuite de façon permanente.

Quel est le bilan de cette gratuité ?

En Suède, la fréquentation des musées a très fortement augmenté en 2005 avec l’introduction de la gratuité. Entre l’été 2004 et l’été 2005, elle est passée de 1,7 à 3,3 millions de visiteurs pour redescendre légèrement en 2006 à la même période, avec une perte de 52 000 visiteurs. En France, la réaction a été identique. A Paris par exemple, la fréquentation du musée du Louvre passe de 20 000 à 30 ou 35 000 visiteurs les dimanches d’entrée gratuite créant des files d’attente d’environ trois heures.

Si la gratuité favorise dans un premier temps la fréquentation, toutes les études (Bailey, 1997 ; Dickenson,1993) montrent pourtant qu’après un certain temps, sur le long terme, celle-ci redevient à des niveaux précédents. L’effet est donc provisoire. De plus, si elle permet d’augmenter le nombre de visites, celles-ci sont effectuées par les mêmes personnes. La gratuité n’attire pas de nouveaux visiteurs mais permet à ceux qui accèdent déjà à la culture d’augmenter le nombre de leurs visites aux musées. Une population urbanisée, éduquée et cultivée. Ainsi une étude faite par le Conseil suédois de la Culture (Kulturrådet) rendue en octobre 2006 montrait que 62% des visiteurs avaient fait des études supérieures. Soit une très large surreprésentation de cette catégorie que la gratuité des musées n’a pas modifiée.

La question du financement se pose également si les visiteurs n’acquittent pas de droit d’entrée. Un sujet sensible dans un contexte de réduction des coûts et de maîtrise des finances publiques. Comment trouver ailleurs le financement des achats d’oeuvres, des rénovations, de l’entretien, du paiement des salaires de personnels qualifiés pour maintenir la qualité et l’attractivité indispensables pour conserver et attirer de nouveaux publics ?  La ministre des Finances, Magdalena Andersson, qui avait affirmé en début de semaine que chaque mesure prise devait trouver un financement, n’a pas évoqué cette partie du sujet…

Les sources :

– Etude et bilan de la gratuité des musées en Suède, octobre 2006 / Kulturrådet

 

 

 

 

 

 

 

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