Crise politique en Suède,
les dernières heures du gouvernement

Crise politique en Suède,
les dernières heures du gouvernement

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Suède actualités France Alors que trois ministres suédois accompagnent le roi et la reine de Suède en France, le gouvernement suédois joue son destin aujourd'hui
Alors que trois ministres suédois accompagnent le roi et la reine de Suède en France, le gouvernement suédois joue son destin aujourd’hui

Mercredi 3 décembre 2014. Trois ministres suédois accompagnent actuellement le roi et la reine de Suède dans leur visite d’Etat en France où ils sont arrivés hier. Trois ministres qui appartiennent à un gouvernement qui joue aujourd’hui sa survie au Parlement suédois où les députés débattent en ce moment du budget 2015 dont la version proposée par l’exécutif certain certain rejetée. Sans majorité parlementaire, le gouvernement suédois espérait le soutien de l’opposition de centre droit pour un budget très ancré à gauche.

La situation risque d’être délicate pour les ministres suédois de l’Energie, de l’Economie et du Travail faisant partie de la délégation accompagnant le couple royal en voyage officiel en France du 2 au 4 décembre. Seront-ils vraiment attentifs et concentrés sur leurs dossiers quand au même moment, le gouvernement auquel ils appartiennent joue son sort au Parlement suédois ? Les députés vont en effet s’exprimer aujourd’hui sur le projet de budget 2015 proposé par le Premier ministre suédois, Stefan Löfven, et qui a toutes le chances d’être rejeté discréditant ainsi toute l’équipe gouvernementale rouge-verte au pouvoir depuis à peine deux mois.

Ce projet a été présenté le 23 octobre, par la nouvelle ministre des Finances Magdalena Andersson qui en introduction, avait évoqué les « caisses vides » de l’Etat laissées par le gouvernement précédent. Le budget a été élaboré par les sociaux-démocrates et les écologistes – alliés au sein du gouvernement après les élections générales de septembre 2014 – et sous forte influence du parti communiste. Le budget proposé par ces trois partis, qui ensemble ne forment pas une majorité au Parlement – est fortement ancré à gauche, avec notamment des dispositions antilibérales dans le domaine de la santé, des abondons de certains projets d’infrastructures importants et la disparition à terme de l’énergie nucléaire.

Sans majorité au Parlement, la coalition gouvernementale appuyée par les communistes, avait misé sur le soutien de l’opposition de centre-droit face à la menace du parti nationaliste suédois, les Démocrates de Suède (Sverigedemokraterna), troisième force politique au Parlement avec 49 députés, et dont le programme se concentre essentiellement autour des questions d’immigration. Le gouvernement espérait également que le parti nationaliste – soucieux d’éviter une crise politique – puisse voter en faveur de son budget.

Or hier soir, les Démocrates de Suède ont clairement annoncé qu’ils voteraient contre le projet gouvernemental et pour celui proposé par l’opposition formée autour des quatre partis de centre droit au pouvoir entre 2006 et 2014. Le Premier ministre Stefan Löfven a alors immédiatement demandé à celle-ci de faire preuve de responsabilité, de rejeter le soutien de la droite nationaliste et d’entamer des négociations en vue de trouver un compromis sur le budget. Ce qu’a refusé dans la foulée l’opposition, n’appréciant guère d’être tenue pour responsable par le Premier ministre de son propre échec. Un échec historique qui conduit le pays à une situation inédite.

La Suède, où les députés sont élus par scrutin proportionnel et où le Parlement nomme le Premier ministre, est habituée à être conduite par une coalition de petits partis groupés autour des deux grands partis de gauche et de centre-droit, les Sociaux-démocrates et les Modérés. Mais l’émergence d’une troisième force politique incontournable, le parti nationaliste de droite, dont tous les autres partis se détournent, vient troubler le jeu en interdisant certaines alliances.

Une erreur politique de Stefan Löfven explique également la crise politique actuelle. Lié aux Verts  – qui avec moins de 7% des voix détiennent 25% des ministères – et sous l’influence du parti communiste (La Gauche) qui n’a recueilli que 5,7% des suffrages aux dernières élections, le Premier ministre n’a pas voulu orienter le budget dans une direction qui aurait permis de trouver des compromis avec l’opposition traditionnelle. Il a cru pouvoir obliger celle-ci, refusant une association avec la droite nationaliste, à voter en faveur du projet budgétaire dont certaines dispositions étaient pourtant très éloignées de ses convictions.

Après le débat au Parlement, Stefan Löfven rendra publique ce soir sa décision : démissionner, quitte à être rappelé ensuite par le président du Parlement (talman), Urban Ahlin, pour former un nouveau gouvernement, ou provoquer de nouvelles élections qui ne pourraient se tenir qu’à partir du 29 décembre, soit trois mois après la formation du nouveau Parlement, délai minimum prévu par la constitution. Des élections qui risqueraient avant tout de profiter au parti nationaliste.

Les sources :

Gouvernement suédois

Parlement suédois (Riksdagen)

 

 

 

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