Immigration européenne
Suédois et Français, les moins et les plus hostiles

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Union européenne, libre-circulation Les Suédois sont les moins hostiles à l'immigration européenne, les Français sont les plus hostiles

Les Suédois sont les moins hostiles à l’immigration européenne, les Français les plus hostiles

Mercredi 17 décembre 2014. Les mouvements politiques hostiles à l’Union européenne et plus particulièrement à la libre-circulation des citoyens européens à l’intérieur de l’Union européenne ont le vent en poupe dans la quasi totalité des Etats-membres. Le Front national en France et les « Démocrates de Suède » en Suède, deux partis nationalistes anti-européens qui réclament la sortie de leur pays de l’espace Schengen, ont été les grands vainqueurs des dernières élections nationales ou régionales. Pourtant, si une majorité de Français estime les effets de l’immigration européenne négative, seule une minorité de Suédois est du même avis.

Les Démocrates de Suède (Sverigedemokraterna) sont devenus aux dernières élections générales de septembre dernier la troisième force politique du pays, en remportant 49 sièges Parlement, soit près de 13% des représentants parlementaires. Cette position leur donne un pouvoir d’arbitre dont on a vu les conséquences avec le renversement du gouvernement à peine formé au début du mois de décembre et l’organisation de nouvelles élections en mars prochain. Celles-ci pourraient leur être favorables tant les Suédois, lassés des partis de centre droit au pouvoir entre 2006 et 2014 mais très vite déçus par les sociaux-démocrates alliés au écologistes qui n’ont pas su rassembler une majorité parlementaire pour appliquer leur programme politique, pourraient se tourner vers ce parti en faveur d’un repli national.

Pourtant, une minorité de Suédois ont une idée négative des effets que produit en Suède l’immigration en provenance des autres Etats de l’Union européenne. Ainsi, selon une enquête menée par l’institut de sondage YouGov et publiée il y a quelques jours, moins d’un tiers d’entre eux, 31%, estime que l’arrivée de ressortissants européens en Suède est négative et seuls 21% des Suédois souhaiteraient une interdiction de circulation des citoyens européens à l’intérieur de l’Union.

En France, alors que le président français François Hollande a plaidé pour une France tournée vers le monde, l’enquête révèle qu’une majorité de Français (53%) porte un jugement défavorable sur l’arrivée dans leur pays de citoyens européens, et 9% seulement y voient un aspect positif contre 34% de Suédois. Et 42% des Français sont en faveur d’interdire aux citoyens européens de se déplacer et travailler dans un autre Etat de l’Union.

En revanche une majorité de Français et de Suédois (67 et 55%) s’accordent pour penser que la libre-circulation devait être conditionnée à l’obtention d’un travail et à la capacité de se subvenir financièrement à soi-même, et qu’aucune aide sociale ne devrait être perçue avant au moins un an de résidence dans le pays d’accueil (71 t 51%).

Le séjour pour un citoyen européen de résider dans un autre Etat de l’Union est déjà conditionné par la nécessité d’avoir un travail ou d’être entrepreneur, ou enore de posséder la capacité financière à vivre de façon autonome. Suivre des études donne aussi droit à résider dans un autre pays européen. Le permis de résidence ainsi obtenu donne les mêmes droits d’accès aux systèmes de santé. Après cinq ans de résidence sans interruption dans le pays d’accueil, le citoyen européen peut acquérir un permis de séjour permanent et avoir ainsi accès aux mêmes prestations et protections sociales que les citoyens du pays d’accueil.

Les sources :

Institut de sondage YouGov

Directive du Parlement européen et du Conseil relative à la circulation et au séjour des citoyens européens dans un Etat de l’Union européenne.

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