Immigration
un sujet d’inquiétude en France et en Suède

Immigration
un sujet d’inquiétude en France et en Suède

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France Suède L'immigration inquiète en France et en Suède. François Hollande s'exprime pour la 1ère fois sur la question alors qu'en Suède le sujet reste tabou
L’immigration inquiète en France et en Suède. François Hollande s’exprime pour la 1ère fois sur la question alors qu’en Suède le sujet reste tabou

Lundi 15 décembre 2014. François Hollande a officiellement inauguré aujourd’hui le Musée de l’histoire de l’immigration ouvert en 2007, un musée qui a tout de même attendu sept ans cette inauguration. Il y a prononcé un discours sur l’immigration, un sujet brûlant en France, un des plus anciens pays d’immigration d’Europe, mais aussi en Suède où près de 16% de la population a aujourd’hui des origines étrangères.

François Hollande a finalement inauguré le Musée de l’histoire de l’immigration dont le projet lancé par l’ancien Premier ministre Lionel Jospin remonte au début des années 2000. Officiellement lancée par Jean-Pierre Raffarin en 2004, l’institution est « chargée de rassembler, sauvegarder, mettre en valeur et rendre accessibles les éléments relatifs à l’histoire de l’immigration en France », alors que les crispations identitaires et les replis nationalistes prospèrent en France et dans le monde et que le Front national, parti extrémiste de droite français, est devenu le troisième parti de France.

Et c’est sur ce lien emblématique que le chef de l’Etat français socialiste a prononcé son premier discours sur l’immigration, un sujet largement abordé par les partis de droite et sur lequel les partis de gauche restent toujours réservés. François Hollande a rappelé que la France accueillait 200 000 nouveaux étrangers par an, dont 60 000 étudiants, un chiffre stable depuis 10 ans. Ces nouveaux arrivés devront apprendre le français et être formés aux valeurs de la République, les procédures de naturalisation seront accélérées et unifiées, et la « société française doit être représentée avec toutes les couleurs, toutes les forces vives de la France ». Pour François Hollande, la réussite du destin de la France passe par celle de l’intégration.

Quelques jours auparavant, en Suède, c’était l’écrivain français Patrick Modiano, prix Nobel de littérature en 2014, qui en se rendant à Rinkeby, une banlieue de Stockholm où 90% des habitants sont d’origine étrangère pour y rencontrer des écoliers, a mis sous les projecteurs des médias les tensions de la société suédoise sur le sujet de l’immigration. A la différence de la France, la Suède a été lui-même un pays d’émigrants au 19ème et 20ème siècle : 1,3 million de Suédois ont tenté une nouvelle vie aux Etats-Unis et seulement un cinquième d’entre eux est retourné en Suède. Aujourd’hui quatre millions d’Américains se réclament de descendance suédoise créant ainsi des relations particulières entre les deux pays.

C’est maintenant au tour de la Suède d’accueillir les populations en quête d’une meilleure vie. Après les Finlandais, les Yougoslaves et les Turcs dans les années 60-70, ce sont en 2013, 20 000 émigrants de Thaïlande, Syrie, Inde, Chine et Iran qui sont arrivés en Suède pour s’y établir et travailler dans l’agriculture, les nouvelles technologies, la restauration, les métiers de services ou de santé.

Si l’immigration des années 60-70 n’a pas provoqué de heurts dans la société suédoise, celle d’aujourd’hui créé plus de tensions. Le parti nationaliste de droite « Les Démocrates de Suède » (Sverigedemokraterna), dont le vecteur directeur de la stratégie politique repose sur les questions d’immigration – prospère et a atteint une taille suffisante au Parlement suédois pour peser sur les décisions politiques du pays et même renverser le gouvernement social démocrate – écologiste au pouvoir actuellement. Pourtant, aucun autre parti politique ne souhaite débattre sur l’immigration et tous balayent d’un revers de main les éventuels problèmes que l’arrivée d’étrangers pourrait poser. « Il y a de la place pour beaucoup d’autres étrangers » a encore déclaré l’ancien Premier ministre de centre droit Fredrik Reinfeldt. Un credo partagé par toute la classe politique suédoise, sauf bien entendu le parti nationaliste.

 

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