Suède politique
Semaine cruciale pour le gouvernement

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Semaine cruciale pour le gouvernement

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Suède actualités politiques Le gouvernement suédois sans majorité au Parlement risque de ne pas obtenir un vote en faveur de son budget d'Etat 2015
Le gouvernement suédois sans majorité au Parlement risque de ne pas obtenir un vote en faveur de son budget d’Etat 2015

Lundi 1er décembre 2014. Alors que le roi et la reine de Suède entament cette semaine une visite d’Etat en France, les prochains jours vont être déterminants pour le gouvernement suédois formé il y a deux mois, après les élections de septembre dernier et la défaite de la majorité de centre droit alors au pouvoir. Le Parlement s’apprête en effet à voter le budget 2015 proposé par l’exécutif qui ne dispose pas d’une majorité. L’issue du vote, très incertaine, dépend notamment du parti nationaliste suédois, les Démocrates de Suède (Sverigedemokraterna) dont les intentions seront connues demain mardi.

Deux mois seulement après être entré en fonction et quelques actions précipitées, revirements et reculades – reconnaissance de la Palestine, suppression des soutiens financiers aux Instituts suédois de la Méditerranée, suspension d’un projet d’infrastructure routière à Stockholm, politique fiscale…-  le nouveau gouvernement fait face à de nombreuses critiques et à une certaine déception de l »opinion publique.

Mais le plus difficile est à venir. Privée de majorité au Parlement où elle ne dispose que de 38% des voix, la coalition au pouvoir « rouge-verte » entre le parti social-démocrate et les Verts, menée par le Premier ministre Stefan Lövfen, joue son avenir demain. En effet, le parti nationaliste de droite, les Démocrates de Suède diront alors s’ils soutiennent ou non le projet de budget d’Etat 2015 proposé en octobre dernier par le gouvernement ou votent pour celui présenté le 10 novembre par l’opposition regroupée autour de l’alliance des autre partis du centre droit (Modérés, Centre, Parti du Peuple, Chrétiens démocrates), sachant qu’ils ont eux même déposé leur propre proposition budgétaire.

Dans le cas où les Démocrates de Suède, qui disposent au Parlement du pouvoir crucial d’arbitrer, ne votent pas en faveur du budget d’Etat 2015 présenté par le gouvernement, celui-ci se trouvera dans une situation difficile. Ce parti peut aller même jusqu’à voter pour la proposition de l’opposition qui serait ainsi adoptée !

Plusieurs alternatives sont alors possibles.

– Le Premier ministre, Stefan Löfven, peut décider de renvoyer le projet de budget devant la Commission des finances du Parlement et revenir plus tard avec un texte amendé sur la base de compromis avec les différents partis, ce qui lui permettrait de sauver les apparences d’une situation qui serait néanmoins une véritable crise.
– Une démission collective du gouvernement est également possible, avec la nomination d’un nouveau Premier ministre par le président du Parlement, qui pourrait être à nouveau Stefan Löfven, en charge de former une nouvelle coalition pour gouverner. Le chef du gouvernement a cependant clairement exprimé qu’il n’envisageait pas de quitter ses fonctions et que même l’adoption d’un budget qui ne serait pas le sien ne l’obligerait pas à partir.
– Autre possibilité pour Stefan Löfven, celle de dissoudre le Parlement et provoquer de nouvelles élections qui ne peuvent se produire au plus tôt que trois mois après la formation de la précédente assemblée, soit le 29 décembre.

Si le Parlement adoptait finalement le projet de budget du gouvernement, on peut cependant déjà entrevoir une instabilité politique pour les quatre prochaines années. Le vote du budget d’Etat n’est qu’une étape, cruciale, mais qui se renouvellera tous les ans et ne manquera pas d’être suivie pas d’autres crises. Les sujets de crispation sont nombreux entre les sociaux-démocrates et les Verts, alliés au sein du gouvernement. Les Démocrates de Suède avec 49 députés au Parlement (soit près de 13% des députés) et en choisissant de n’appartenir ni à la majorité ni à l’opposition, empêchent la formation d’un bloc politique suffisamment large pour assurer une stabilité politique et permettre la mise en oeuvre d’une politique gouvernementale. Et il n’est pas certain que de nouvelles élections permettraient de désigner une nouvelle majorité au Parlement.

Les sources :

Parlement suédois (Riksdagen)

 

 

 

 

 

 

 

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