La minute du jour européenne

 

France Suède Union européenne actualitéProjet de budget d’Etat
Des écarts entre la France et la Suède

Jeudi 16 octobre 2015. Tandis que la Suède débat sur l’opportunité de maintenir la règle d’un excédent budgétaire de 1% décidée après la crise qu’a traversée le pays à la fin des années 1990, la France et l’Italie ont présenté hier à la Commission européenne leur projet de budget d’Etat. Avec un déficit public de 4,5% pour la France, soit 1,5 point de plus que ce qui avait été promis, et une dette de 130 % du PNB pour l’Italie qui s’était pourtant engagée à désamorcer sa dette publique, les deux pays risquent de recevoir un avis négatif et des recommandations de la Commission.

La nouvelle ministre des Finances suédois, Magdalena Andersson, avait fait sensation la semaine dernière en déclarant que les « caisses de l’Etat étaient vides » après les deux mandats exercés par l’Alliance – une coalition de centre droit aujourd’hui dans l’opposition – entre 2006 et 20014. Elle avait déclaré que la Suède ne pourrait pas dégager 1% d’excédent budgétaire au cours des quatre prochaines années, tant les finances publiques étaient aujourd’hui en mauvais état avec un déficit public de 1,1% et une dette représentant 42,9% du PNB.

La situation en France et en Italie est fort différente alors que les deux pays ont présenté à la date limite exigée, le 15 octobre, leur projet de budget d’Etat 2015 à la Commission européenne. La France et l’Italie sont partisanes, « dans des circonstances exceptionnelles » de plus de souplesse et de marge de manoeuvre par rapport aux règles européennes, ce qui leur permettrait de relancer leur économie.L’Allemagne, tout comme la plupart des pays d’Europe du Nord comme les Pays-Bas ou la Suède, y est opposée et pèsera de tout son poids dans la décision de la Commission européenne. Celle-ci est prise entre les positions très fermes de l’Allemagne et les déclarations de plus en plus nombreuses en faveur d’un relâchement, comme celles du président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi ou encore de la directrice du FMI, Christine Lagarde.

Les différences entre les situations financières des différents Etats de l’Union européenne illustrent la difficulté de l’Union européenne dans la gestion de la monnaie unique. C’est pourquoi il y avait décidé de fixer des « critères de convergence » afin de réduire ces écarts, fixés dans le traité de Maastricht signé par les Etats membres de l’Union européenne en 1992. Des Etats comme la Suède ou l’Allemagne qui coupent dans leurs dépenses pour alléger leurs dettes et faire baisser les taux d’emprunt, acceptent difficilement que pendant ce temps, d’autres Etats, comme la France ou l’Italie, continuent d’aggraver leurs situations financières tout en bénéficiant des avantages de la monnaie unique.

Face à la Commission, qui a 15 jours pour rendre son avis, le gouvernement français fait preuve d’inflexibilité pour ne pas écorner un peu plus son image auprès des Français, le Premier ministre, Manuel Valls, allant même jusqu’à dire que « la Commission ne peut pas rejeter le budget ». Pourtant, des négociations sont discrètement en cours avec l’institution européenne pour trouver ensemble des efforts supplémentaires qui pourraient être demandés à la France. Le ministre des Finances français, Michel Sapin, a même indiqué que si des modifications devaient être apportées, cela viendrait du Parlement français. Histoire de montrer que la France reste souveraine dans l’élaboration de son budget d’Etat.

France Suède Union européenne actualitéJustice sociale dans l’Union européenne
la Suède en tête, la France en 12ème position

Jeudi 18 septembre 2014. La Suède serait l’Etat de l’Union européenne où il y aurait le plus de justice sociale. C’est ce qui ressort d’un rapport publié cette semaine par la fondation allemande Bertelsmann alors que la question de la croissance des inégalités sociales en Europe se pose est grandissante depuis la parution en 2013 du livre du Français Thomas Piketty, « Le capital au XXIème siècle », qui montre que les inégalités d’aujourd’hui sont comparables à celles qui prévalaient au début du siècle dernier.

L’étude comparative de la justice sociale dans les 28 Etats de l’Union européenne – où la notion de justice sociale varie fortement entre les différentes régions d’Europe, repose sur l’observation de plusieurs critères comme la prévention de la pauvreté, l’accès équitable à l’éducation et au marché du travail, la cohésion sociale et la non-discrimination ou encore la santé et la justice intergénérationnelle.

Après analyse de tous ces indices, la Suède est le pays de l’Union européenne qui se situe à la meilleure place sur l’index de la justice sociale avec 7,48 points sur 10 . Les Etats scandinaves ou du nord de l’Europe comme les Pays-Bas suivent sont également bien classés tandis que ceux du sud – Italie, Hongrie, Bulgarie, Roumanie, Grèce – arrivent en queue de pelotons avec des indices descendant jusqu’à 3,57 points.

La France, à l’image de sa position géographique, se situe plutôt au centre, un peu au-dessus, en étant classée à la 12ème place avec un indice de 6,12 pour une moyenne de 5,6 pour l’ensemble de l’Union européenne.

Le rapport souligne toutefois que si la Suède se situe au sommet de la justice sociale, ce pays présente pourtant de graves faiblesses comme l’échec de la lutte contre le chômage des jeunes, estimé en 2014 à 23,5% ou la difficulté pour les émigrants d’accéder au marché du travail.

Les effets négatifs des restrictions budgétaires et des réformes structurelles engagées par les Etats de l’Union européenne dans leur lutte contre les effets de la crise sont également pointés du doigt. Selon le rapport, les politiques économiques ont été particulièrement douloureuses dans les pays du sud de l’Europe, comme en Grèce qui a connu la plus forte baisse de l’indice de justice sociale depuis 2008.

Reste que la Suède, qui fait partie des pays européens ayant mis en oeuvre de sévères politiques publiques d’austérité et des réformes structurelles majeures, se situe pourtant en tête du classement.

Selon les auteurs du rapport, Daniel Schraad-Tischler et Christian Kroll, la croissance des inégalités sociales entre les Etats du nord et ceux du sud présente un réel danger pour le développement de l’Union européenne et met même en péril le projet de construction européenne qui pourrait être compromis par une « situation explosive » tant sur le plan de la cohésion sociétale que de la stabilité sociale.

Les sources :

Rapport de la fondation Bertelsmann / site Internet de la fondation

Extraits du livre de Thomas Piketty, Le capital au XXIème siècle / Ecole d’économie de Paris

 

minuteUE_modifié-2Commissaires européens
La France et la Suède satisfaites

Jeudi 11 septembre 2014. Le prochain président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a présenté hier à Bruxelles, les membres de son équipe appelée à remplacer à compter du 1er novembre l’actuelle commission de José Manuel Barroso.

Parmi eux, en plus de la Haute représentante de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, les 27 Commissaires européens, chacun issu d’un des Etats-membres de l’Union européenne. Un commissaire ne représente pas son pays d’origine, sa mission étant de travailler à l’intérêt général de l’Union européenne, sans tenir compte de celui particulier de son Etat.

Le Commissaire français, Pierre Moscovici, sera finalement en charge des Affaires économiques et monétaires, après de longues tractations avec l’Allemagne réticente à voir un Français à la tête d’un chapitre essentiel pour elle, l’assainissement des finances publiques, pour lequel la France semble en position de faiblesse. La France dont le ministre de l’Economie vient d’annoncer, à quelques jours de la présentation de la loi de finances pour 2015, que le déficit public atteindra 4,4% du PIB en 2015.

La nomination de Pierre Moscovici aux Affaires économiques et financières est donc un succès pour la France.

Du moins du point de vue symbolique : c’est un poste clé au sein de la Commission, la France a su se faire entendre auprès de Jean-Claude Juncker et elle a su imposer son candidat face à l’Allemagne dont on dit qu’elle préside à toutes les décisions et nominations de l’Union.

Pour le reste, rien n’est moins sûr. La Commission européenne est un collège où les décisions sont prises collégialement. Pierre Moscovici sera donc encadré dans sa conduite des affaires. De plus, rien n’indique que le Commissaire français n’adoptera pas rapidement une perspective européenne avec la défense de l’intérêt européen, « oubliant » celui, particulier, de la France.

La Suède est également satisfaite. Pour deux raisons.

La première est que Jean-Claude Juncker a finalement présenté un Commissaire à la politique régionale et à l’élargissement. La Suède s’inquiétait en effet de la disparition de l’Élargissement après la fuite d’un organigramme préliminaire qui avait fuité la semaine dernière et dans lequel ne figurait pas de commissaires à l’Élargissement. Un sujet auquel la Suède est très attachée alors que la menace russe plane sur les Etats limitrophes de l’Europe et candidats à l’Union, comme par exemple l’Ukraine.

La deuxième est que la candidate suédoise, Cecilia Malmström, a été nommée au Commerce, une question centrale de l’Union européenne. Le Premier ministre suédois, Frederik Reinfeldt, s’est réjoui de voir à la tête du Commerce une « personne qui croît au libre-échange et qui mènera des négociations dans un domaine où l’Union bénéficie d’une grande puissance et possède de l’influence et où l’Union est le plus grand acteur ».

Frederik Reinfeldt, Premier ministre sortant qui devrait être remplacé par l’opposant social-démacrate Stefan Löfven après les élections de dimanche prochain, peut aussi être satisfait de la nomination à un poste clé de la Commission d’une personnalité politique de son bord. Cecilia Malmström appartient en effet au parti du Peuple, au pouvoir en Suède depuis huit ans, au sein de l’Alliance avec les Nouveaux Modérés, les Chrétiens-démocrates et le Parti du centre.

Pierre Moscovici et Cecilia Malmström qui a habité en France et parle couramment le français, sont en tout cas deux Européens convaincus, ayant une longue expérience de l’Union européenne, qui ont été secrétaire d’Etat ou ministre des Affaires européennes et qui sont partisans d’une Europe plus intégrée.

Sources :

nomination de la « Commission Juncker », Commission européenne

réaction du gouvernement suédois, le portail du gouvernement suédois

 

France Suède Union européenne actualitéLes Suédois et les Français, mécontents de l’Europe mais pas pour les mêmes raisons

Lundi 7 avril 2014. Quitter l’Union européenne n’est pas une idée saugrenue en Suède, loin de là. Avec 68% d’opinions favorables, les Suédois sont en effet les Européens les plus partisans à ce qu’à terme, leur pays quitte l’Europe, ou au moins que le pouvoir des institutions européennes soient réduits.

C’est ce que révèle, à quelques semaines des élections européennes qui se tiendront le 25 mai en Suède, un sondage de l’institut IPSOS qui a interrogé 8 000 citoyens de dix Etats européens sur leur opinion vis à vis de l’Union européenne.

Selon l’enquête IPSOS, la Suède serait ainsi le pays le plus opposé à l’Union européenne. Pourtant, le sondage révèle aussi que c’est un des pays qui restent le plus positifs sur la situation européenne.

Par exemple, les Suédois sont ceux qui estiment le plus que l’Europe a peu d’influence sur  l’économie nationale et leur vie quotidienne. Ils font également partie des Européens – avec les Allemands, les Polonais et les Hongrois – qui pensent que l’Union européenne produit même des effets positifs sur leur pays. Les Suédois sont aussi les rares Européens à considérer que la direction vers laquelle se dirige leur propre pays est moins bien orientée que celle de l’Union européenne.

A 54%, la majorité des Français, selon l’enquête IPSOS, souhaitent aussi que la France quitte l’Union (19%) ou une réduction des pouvoirs des institutions européennes (36%).

Mais pas pour les mêmes raisons que les Suédois. Si ceux-ci estiment qu’ils n’ont pas à attendre grand chose de l’Union européenne, les Français, comme les Européens du sud de l’Europe, accusent l’Europe d’être à la source de leur mauvaise situation économique et sociale. Comme les Italiens et les Espagnols, les Français estiment l’influence européenne négative et trop pesante sur l’économie, les finances, l’agriculture, l’élaboration des lois ou encore la fiscalité de leurs pays.

Bref, si les Suédois affichent une plus grande indifférence vis à vis de l’Union européenne et se concentrent davantage sur la situation nationale, les Français, tout autant concentrés sur leur pays, sont en revanche plus enclins à trouver les raisons de leurs problèmes dans les institutions européennes.

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Intervention extérieure de l’Union européenne : appui de la Suède à la France en Centrafrique

Jeudi 3 avril 2014. La Suède apportera son aide à la France dans sa mission de stabilisation de la République centrafricaine, dans le cadre de la décision de l’Union européenne d’appuyer les forces françaises ( 6 000 soldats) et africaines ( 1 200 soldats) déjà sur place pour enrayer les violences entre chrétiens et musulmans.

Treize Etats européens participeront à cette opération européenne baptisée EUFOR RCA dont le lancement, après quelques semaines de retard, a été décidé au cours d’une réunion à Bruxelles ces derniers jours entre les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne et des responsables africains.

La mission principale de l’opération EUFOR RCA, sous commandement français, est de stabiliser et sécuriser la situation de Bangui, la capitale de la République centrafricaine et son aéroport où se sont réfugiés près de 900 000 personnes selon les Nations Unies.

L’aide de la Suède consistera dans un premier temps en un soutien logistique comme par exemple le transport de matériels et de troupes.

La Suède est très active en Afrique non seulement en participant à la gestion des crises, comme en Centrafrique ou au Mali, mais aussi à travers le développement du commerce et un programme d’aides financières.

Carl Bildt était en février dernier le premier ministre suédois des Affaires étrangères à se rendre au Mali. Le ministre du Commerce s’est rendu il y a peu de temps au Ghana et en Tanzanie tandis que le ministre de la Coopération était au Congo et celui des Finances au Kenya, en Ouganda et au Rwanda.

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